En 31 après Jésus-Christ, Valerius Maximus dédia à Tibère neuf livres de Facta et dicta memorabilia, où il avait rassemblé près d’un millier d’exemples de vices et de vertus répartis, selon un plan systématique, dans 95 sections. Quoique ces exemples aient été majoritairement empruntés à l’histoire romaine, certains étaient tirés de l’histoire grecque ou d’autres civilisations. Nullement destiné aux historiens, cet ouvrage s’adressait aux rhéteurs et aux orateurs. Sans ambition littéraire autre que d’offrir de courts récits faciles à insérer sans trop de changement dans un discours, les Facta avaient été conçus comme un manuel pratique. Ils remportèrent un certain succès dans les écoles de rhétorique sous l’Empire. Au IVe siècle, Julius Paris et Januarius Nepotianus en firent des abrégés.
A l’époque carolingienne, Loup de Ferrières corrige un manuscrit de Valère Maxime et son élève Heiric d’Auxerre († vers 876) en donne des extraits, mais il faut attendre la fin du XIIe siècle pour que les Facta commencent à se répandre en Europe. Ce succès tardif n’en fut pas moins immense et spectaculaire. Devenu indispensable dans l’enseignement de la rhétorique et de la morale, avec plus de 650 manuscrits latins conservés, Valère Maxime fut l’un des auteurs classiques les plus lus du Moyen Age.
Le XIVe siècle constitue un tournant dans la diffusion de Valère Maxime, car il inaugure une riche série de commentaires latins et donne accès au texte à des laïcs grâce à de nombreuses traductions. A la base de la diffusion de Valère au XIVe siècle se trouve le commentaire composé entre 1327 et 1342, très probablement en Avignon, par Dionigi da Borgo San Sepolcro, ami de Pétrarque et maître de Boccace. L’accessibilité du commentaire à Avignon, plaque tournante de l’humanisme médiéval jusqu’en 1416 (fin du Schisme), a dû contribuer à l’influence décisive de ce commentaire sur tous les suivants et notamment à leur orientation morale.