École des chartes » ELEC » Cartulaires d'Île-de-France » Saint-Martin-des-Champs » Tome 1 » V. — Actes concernant Saint-Martin-des-Champs prieuré de Cluny, sous le règne de Philippe Ier » 1094

Deux chevaliers frères, Gasce et Guillaume Tranchebise, donnent leur aleu de Noisy-le-Sec, le premier en se faisant moine, le second après son décès ; celui-ci acquiert le droit de sépulture, s'il meurt à moins d'un jour de chemin du monastère.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 41, nº 90.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristi fidelibusf. et p. quod Waszo Truncaventum109 cognomento, et Willelmus frater ejus, hoc idem cognomen habens vulgo, apud Nuisiacum Siccum110 simul habebant alodium ; quorum unus, Waszo videlicet, selpsum reddens Deo in æcclesia Sti Martini de Campis, monachus effectus, partem suam eidem æcclesiæ dedit in hereditatem, ut habere posset vitam æternam. Alter vero, Willelmus scilicet, libenter concessit, et partem reliquam que sibi competebat, post suum decessum supradicte æcclesiæ Sti Martini dedit. Tunc quidem prudens miles, memor anime suæ, addidit quoddam sibi utile, scilicet ut si infra iter unius diei moreretur, ad æcclesiam a senioribus sepeliendus deportaretur, ut per orationes eorum de peccatis suis veniam consequi mereretur. Dedit vero et aliud supradictus Waszo Sti Martini æcclesiæ, quod huic cartule, ne oblivioni daretur, placuit inserere : septem quadrantes et dimidium vinee ad villa que dicitur Villaris111, concedente Willelmo fratre suo, unde solvuntur Rodulfo Bello111 xv denarios. Hujus rei testes sunt : Rodulfus filius Rosce, Odo Aculeus frater ejus42, Odo Truihuns112.

Sed quia non sufficiebat hæc concessio, Wiltelmus de quo diximus ad æcclesiam Sti Martini veniens, in capitulo societatem recepit, et donum super sanctum altare posuit, testibus his : Helgoto et Drogone nepote ejus, servis æcclesiæ ; Bernardo de Aneto13, Drogone fratre Laurentii, Herberto filio Anselmi, Ebrardo serviente Frerici camerarii214, Ascelino de Nuisiaco110, Goscelino carpentario, Hilduino fratre Malgerii, Bernardo parmentario et Frerico.

Hoc factum est tempore Philippi regis .


109 La notice 48 nous fait connaître le surnom de ces deux frères, dont l'aîné, Gasce, se fit moine à St-Martin-des-Champs en 1094. Ils n'avaient qu'une part du moulin ; l'autre moitié fut donnée aux moines par Agnès, sœur de Pierre Sanglier. — La donation d'un cens à Pontiblon est postérieure à la substitution de Thion comme maire de Noisy-le-Grand, à son frère Gautier, ce qui se fit entre 1102 et 1105. Gautier avait assisté à la cession du moulin : on a réuni, pour abréger, les témoins des deux actes.
110 Noisy-le-Sec, ca. Pantin, ar. St-Denis (Seine).
111 Villiers-le-Bel, ca. Ecouen, ar. Pontoise. Ce village a pris son nom de la famille Le Bel, branche des Montmorency, dont le chef fut Raoul le Bel cité dans cette notice (Voir nº121, infrà).
42 Sur les « Aiguillon » du pays chartrain, cf. Depoin, Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 351.
112 Eudes Troyon. « Hugo Truio » figure dans la notice 92.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
214 Le chambrier Ferri cité dans deux notices de St-Martin des Champs en 1094 (nº48) et 1099 ne se distingue pas du Fredericus camberlanus qui souscrivit, entre 1101 et 1106, un diplôme par lequel Philippe Ier interdit au prévôt de Paris de lever sur les hommes du roi, à Bagneux, d'autres exactions que les amendes légales, et qui dispense ces hommes du service de l'ost (M. Prou, Actes de Philippe Ier, nº 153, pp. 385-386). Il est dénommé Fredericus cubicularius dans une notice de N.-D. de Longpont dont les synchronismes permettent de fixer la date au début de 1108 (Ms. lat. 9968, nº 42 et fol. 9, éd. Marion, p. 19 ; cf. Luchaire, Institutions monarchiques, t. I, p. 174, note 6). Les qualifications de camerarius, camberlanus, cubicularius, données pour ainsi dire indifféremment au même personnage, montrent que Ferri, chambellan du roi, était en fait un sous-chambrier, placé sous l'autorité du grand officier qualifié camerarius par la chancellerie royale. M. Prou l'a justement remarqué dans son Introduction aux Actes de Philippe Ier (P. clii-cliii). La traduction « cubiculaire » est un expédient qui ne satisfait point aux exigences du langage roman qu'on parlait à la cour de Philippe Ier ; elle ne répond à rien de contemporain. D'ailleurs les attributions du chambrier s'étaient étendues, comme M. Prou le constate, « de la garde du trésor à tout ce qui concernait le gîte du roi, l'ameublement et l'entretien du palais ". Il est permis de le considérer comme un majordome : » cette hypothèse est corroborée par la qualification de magister domus regiæ, appliquée au chambrier Galeran « en 1071 (Ib. nº 55, p. 147).
a L'année 1094 correspond à l'indiction 2.