École des chartes » ELEC » Cartulaires d'Île-de-France » Saint-Martin-des-Champs » Tome 3 » XIII. — Actes concernant Saint-Martin-des-Champs sous le règne de Philippe-Auguste (1180-1223). » Corbeil, mai, 1184 ou 1185

Le roi Philippe-Auguste confirme la libéralité précédente faite par sa mère Ale, usufruitière du domaine de Corbeil.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1223, Arch. nat., LL 1397, fol. ii, non collationnée.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
  • Léopold Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, nº iii, p. 27.
D'après a.

Philippus Dei gratia Francorum rex. Noverint universi presentes pariter et futuri quod Adela, mater mea, dum terram Corbolii nomine teneret dotalicii, Petro clerico suo, Beati Exuperii canonico, intuitu servicii sui, donavit domum quam Ysabellis et Bertinus filius ejus vendiderunt Helie judeo. Que donatio, cum per matrem nostram nona esset temporalis, nostre matris amore perpetuam concedimus. Et ut hec donatio rata sit et vigorem obtineat perpetuitatis, eandem presentis patrocinio scripti, nostrique auctoritate sigilli, confirmamus. Actum Corboliib . Datum per manum Hugonis cancellariid


a Il faudrait une rectification au texte. Le sens est que la concession d'Ale devrait perdre sa vigueur, du moment que la reine cesserait de jouir du domaine royal de Corbeil.
b Le seul acte donné à Corbeil, en dehors de celui-ci, parmi ceux de Philippe-Auguste que Léopold Delisle a catalogués, est daté de 1197 (nº 515, p. 122). Le roi confirme une libéralité de sa mère à son chapelain.
c Cette date est inadmissible. En mai 1180 Louis VII régnait encore. A sa mort, le 18 septembre 1180, sa veuve Ale de Champagne, fille de Thibaud V et qu'il avait épousée le 13 novembre 1160 (Art de vérifier les Dates, I, 578), reçut en douaire le domaine de Corbeil. Un grand nombre de ses chartes - où elle ne prend d'autre titre que celui de reine - sont datées de cette ville. C'est en 1184 qu'elle donna à son clerc Pierre de Limoges, la maison enlevée au juif Hélie, et des 1189 Pierre l'avait donnée aux moines de Gournay. Le diplôme royal ne faisant aucune allusion à cette libéralité de Pierre, lui est évidemment antérieur. Léopold Delisle avait signalé l'erreur commise par les copistes en transcrivant la date du diplôme ; en 1180 aucune confiscation n'avait encore été faite sur les Juifs.
d Hugues fut chancelier de Philippe II jusqu'en 1183 (à une date comprise entre avril et le 31 octobre) ; en 1186 il était mort et inhumé à Béthisy (Delisle, Catalogue, p. lxxxvi). Dès lors le diplôme est de mai 1184 (ou 1185 au plus tard).